Bureau, Cheminée, Cuisine, 3 publications, 2019
The flatbed scanner is a tool that reproduces what is placed on its glass as discontinuous information – it digitizes. Designed to reproduce so-called ‘flat’ objects, any presence of relief results in an alteration – the fold of a book binding appears dark and blurred. What happens if we reproduce volumes with the flatbed scanner? How can it capture the relief?

The publications are made up of scans of printed spaces that need to be recomposed. Like a pattern, these volumes seen through the glass of a scanner become surface and unfold like a double.
Le scanner à plat est un outil qui permet de reproduire ce qu’on y dépose sur sa vitre en information discontinue – il numérise. Conçu pour reproduire des objets dits ‹ plats ›, toute présence d’un relief se traduit par une altération – le pli de la reliure d’un livre apparait sombre et flouté. Que se passe-t-il si l’on reproduit des volumes à l’aide du scanner à plat ? Comment peut-il rendre compte des reliefs ?

Les publications sont composées de scans d’espaces imprimés à recomposer. À l’image d’un patron, ces volumes vus à travers la vitre d’un scanner deviennent surface et se déploient comme un double.
Digital Shapes, video, 7min26, 2019
Our understanding of the digital is guided by the devices we are using every day such as computers and phones. Their hardware shell and designed software are layers that hide their functioning. How to approach and represent something that is described as ‘intangible’? Imagery from image banks are widely used to illustrate anything ‘digital’ or ‘computer’ related, and plays a role in our perception of these technologies, which are often seen as magical.

The video offers explanations of the possible origins of visual stereotypes used when talking about ‘the digital’, through a collection of images gathered from several image search engines.
Notre compréhension du numérique est guidée par les appareils que nous utilisons tous les jours, tels que les ordinateurs et les téléphones. Leur coquille métallique et les interfaces dites graphiques sont des couches qui cachent leur fonctionnement. Comment représenter quelque chose qui est décrit comme intangible ? L’imagerie provenant des banques d’images est très utilisée pour illustrer tout ce qui a trait au ‹ numérique › ou à ‹ l’informatique ›, et joue un rôle dans notre perception de ces technologies, souvent appréhendées comme magiques.

La vidéo propose des explications des possibles origines des stéréotypes visuels utilisés pour parler du ‹ numérique ›, à travers une collection d’images récoltées sur plusieurs moteurs de recherche d’images.
Manichean Diptych of the Digital, installation, 2019
Digital technologies are often referred to as magical, as their functioning is obscure to many of their users. They are often perceived as the miracle solution to any problem, or on the contrary as a great source of danger. “Every technical object is pharmacological: it is both a poison and a remedy” says Bernard Stiegler. The images we find today to represent the digital seem to confirm this Manichean perception of it.

The installation consists of a diptych that illustrates this duality, completed with texts, like scenarios of the two pictured scenes.
Les technologies numériques sont souvent désignées comme magiques, leur fonctionnement étant obscure pour nombreux de leurs utilisateurs. Elles sont souvent perçues comme la solution miracle à tout problème, ou bien au contraire comme étant une grande source de danger. « Tout objet technique est pharmacologique : il est à la foaffirme Bernard Stieglis poison et remède ». Les images que l’on trouve aujourd’hui pour représenter le numérique semblent confirmer cette perception manichéenne à son égard.

L’installation se compose d’un diptyque qui illustre cette dualité, complété de textes, comme des scénarios des deux scènes imagées.
Exctinctions, 2 publications, 2020
Digitization is a process that ‘makes digital’. Scanning an object transforms it into a sum of pixels. Thus discretized, all its parameters are modified and visible alterations appear with the loss of information – especially the relief.

The two publications – each devoted to a flatbed scanner – are presented as reference points for the distance glass-object. Samples of raw materials – wood, felt, metal, paper – and images are placed on the scanner glass at different distances – from 0.2 to 5.0 cm. Changing shades of the scanned subjects takes the shape of a colour chart.
La numérisation est un processus qui ‹ rend numérique ›. Scanner un objet le transforme en une somme de pixels. Ainsi discrétisé, tous ses paramètres sont modifiés, et des altérations visibles apparaissent alors avec la perte d’information – notamment des reliefs.

Les deux publications – chacune se consacrant à un scanner à plat – se présentent comme des référentiels de distance vitre-objet. Des échantillons de matériaux bruts – bois, feutrine, métal, papier – et d’images sont ainsi posés sur la vitre du scanner, à différentes distances – de 0,2 à 5,0 cm. La modification des teintes des sujets scannés prend la forme d’un nuancier.
The Window, video, 1min20, 2019
The skeuomorphism defines objects with ornamental design attributes referring to old functional characteristics, useless in its new shape. Designs of graphical user interface provides many examples of skeuomorphs, the desktop metaphor for example, but also many icons and ways of interacting.

“The Window” is a demonstration of a window derived from the ones we have on our computers, exploring a speculative “reversed” skeuomorphism, when digital devices are part of our landscape and maybe our new frame of reference. This piece opens a reflection on the influence of digital devices and interactions on our analog surroundings and communications.
Le skeuomorphisme définit les objets avec des ornements qui font référence à d’anciennes caractéristiques fonctionnelles, inutiles dans leur nouvelle forme. Le design des interfaces graphiques fournit de nombreux exemples de skeuomorphes, la métaphore du bureau par exemple, mais aussi de nombreuses icônes et manières d'interagir.

« The Window » est une démonstration d’une fenêtre, dérivée de celles que l’on trouve dans nos ordinateurs, explorant un skeuomorphisme « inversé » spéculatif, quand le numérique fait partie de notre paysage et devient peut-être notre référentiel. Cette pièce ouvre une réflexion sur l’influence des appareils et interactions numériques sur notre environnement et nos modes de communication analogiques.
Printed RGB, 7 A1 posters, 2020
Unspoken Archives, website, 2020
Design and code of the Unspoken Archives website with Max Kessel to welcome the archival materials of the 1st year students of the Graphic Design department of the Gerrit Rietveld Academy (Amsterdam, NL), accompanied by the Werker Collective. The website is a support to the radio programme broadcasted the 6th and 7th of June 2020 on JaJaJaNeeNeeNee, where students could share their own archive and audio proposal.
Design et code du site Unspoken Archives avec Max Kessel pour accueillir les documents d’archives des étudiants de 1re année de la section Design Graphique de la Gerrit Rietveld Academie (Amsterdam, NL), encadrés par les Werker Collective. Le site internet est un support de l’émission de radio diffusée les 6 et 7 juin 2020 sur JaJaJaNeeNeeNee, où les étudiants pouvaient présenter leur archive respective et leur proposition audio.
Computer Music, music, 5min43, 2020
Collecting personal data can be quite an adventure. The numerous gathered files from online platforms are well organized but not made to be understandable. They’re about ourselves but we can’t have full access to their information because of their complexity, or sometimes just because our computer doesn’t have the right software to open the files.

The musical piece “Computer Music” is an exploration through those collected files. Éloïse and her computer are reading their name, the error messages that occur or their abstract content, on a musical background by Philippe Katerine, “Musique D’Ordinateur”.
Collecter ses données personnelles sur internet peut se révéler être une aventure. Les nombreux fichiers amassés auprès de plateformes internet sont très bien organisés, mais pas toujours faits pour être compris correctement. Ils sont notre propos, mais nous n’en avons pas un complet accès, à cause de leur complexité ou parfois simplement parce que notre ordinateur n’a pas le bon logiciel pour ouvrir lesdits fichiers.

La pièce musicale « Computer Music » est une exploration au travers des fichiers collectés. Éloïse et son ordinateur entreprennent une lecture de leurs noms, de leurs contenus abstraits ou encore des messages d’erreurs qui peuvent apparaître, sur un fond musical de Philippe Katerine, « Musique D’Ordinateur ».
Jimmy in Paradise, performance & installation & video, 2020
In this research project, the pixels from an image are used as material to create new shapes. Digital and more tangible manipulations are experimented with and shown through a performance, before and after.
“Jimmy in Paradise” refers to an image used as an example to test the possibilities of the early editions of Photoshop. Named “Jennifer in Paradise”, this image with a topless woman on an idyllic beach is known as the ‘first photoshopped image’.

The performance and installation were produced in the context of the annual joint exhibition and performance program ‘Rietveld Uncut’ at the Stedelijk Museum, Amsterdam (NL). The event on the 25th-29th of March 2020 was cancelled due to the governmental coronavirus regulations, and replaced by an online program with videos.
Dans ce projet de recherche, les pixels d'une image sont utilisés comme matériaux pour créer de nouvelles formes. Des manipulations numériques et d'autres plus tangibles sont expérimentées et montrées avant, pendant et après une performance.
« Jimmy in Paradise » fait référence à une image utilisée comme exemple pour tester les possibilités des versions beta du logiciel Photoshop. Nommée « Jennifer in Paradise », cette image d'une femme en topless sur une plage idyllique est connue pour être la ‹ première image Photoshoppée ›.

La performance et installation ont été produits dans le contexte du programme annuel d’expositions et de performances « Rietveld Uncut » au Stedelijk Museum à Amsterdam (NL). L’évènement du 25 au 29 Mars 2020, annulé en raison des régulations gouvernementales liées au coronavirus, fut remplacé par un programme en ligne de vidéos.
Rainbow Posters, video, 2min54, 2020
Untitled, phone case, silicon, 2020
Doesn’t the time spent communicating on our phones deepen our intimacy with our devices rather than with our interlocutors? By touching it, caressing, squeezing it in our hands, falling asleep or waking up with it, our body is physically engaged with the devie itself, its materials.

This silicone phone shell has been conceived as a tactile experience for the user, playing with textures, like the pulpit, enhances the user’s tactile experience, in the light of the pulpit.
Le temps passé à communiquer sur nos téléphones n’approfondit-il pas notre intimité avec nos appareils plutôt qu’avec nos interlocuteurs ? En le touchant, caressant, serrant dans nos mains, lorsque nous nous endormons ou réveillons avec lui, notre corps est physiquement engagé avec l’appareil lui-même, ses matériaux.

Cette coque de téléphone a été conçue comme expérience tactile pour l’utilisateur grace à un jeu de texture, à l’image de la chaire.
Eloise, Painting, Flowers and Windows, video, 2min39, 2021
Artificial intelligence are trained with datasets that are organized in categories. The labelling of the latter inevitably induces bias during the learning process of the algorithms that are perpetuated every time it is then used.

In this short experiment, Éloïse played with an existing algorithm and fed it with images in a way that only the digital alter ego of the visualized objects are recognized, i.e. Éloïse, a painting, flowers and windows.
Les intelligences artificielles sont entraînées avec des ensembles de données organisés en catégories. La labellisation de ces dernières induit inévitablement des biais lors de l’apprentissage des algorithmes, qui se perpétuent ensuite à chacune de ses utilisations.

Dans cette expérimentation, Éloïse joue avec un algorithme existant et l'alimente à son tour avec des images de sorte que uniquement les alter ego numériques des objets présentés à la caméra soient reconnus.
In the Cloud, video, 30sec loop, 2021
Apple Pie (Alpha), video, 5min55, 2021
On the screens around us, skeuomorphs are omnipresent: names and illustrative representations of objects we know in their analogue version, reproduced modes of interaction, etc.
Emojis are icons representing emotions, situations or objects, used in digital communications. Because of their wide use, these illustrations also seem to affect non-digital spaces by becoming referential in our mental representations. What would our interactions look like in a world where emojis become the norm?

In the “Apple Pie” video, all the objects used are embodied emojis – in this case those developed by the company Apple. The “pie”-making tutorial allow one to imagine the interactions that these objects – or the absence of some – induce. The manipulation of the materials is understood as a dissection of the digital representations that inhabit our screens, in an attempt to understand what is hidden behind them.

This alpha version is a preparatory video that presents a sample of several scenes and their possible variants.
Sur les écrans qui nous entourent, les skeuomorphes sont omniprésents : noms et représentations illustratives d’objets que nous connaissons dans leur version analogique, modes d’interaction reproduits, etc.
Les emojis sont des icônes représentant des émotions, situations ou objets, utilisés dans le cadre de communications numériques. En raison de leur importante utilisation, ces illustrations semblent aussi affecter les espaces non-numériques en devenant des référentiels dans nos représentations mentales. À quoi ressembleraient nos interactions dans un univers où les emojis deviennent la norme ?

Dans la vidéo « Apple Pie », tous les objets utilisés sont des emojis incarnés – en l’occurrence ceux développés par l’entreprise Apple. Le tutoriel de la fabrication d’une tarte (« pie ») permet d’imaginer les interactions que ces objets – ou l’absence de certains – induisent. La manipulation des matières s’appréhende comme une dissection des représentations numériques qui habitent nos écrans, dans une tentative de comprendre ce qui s’y cache derrière.

Cette version alpha est une vidéo préparatoire qui présente un échantillon de plusieurs scènes et leurs possibles variantes.
Apple Pie (Beta), video, 1min, 2022
On the screens around us, skeuomorphs are omnipresent: names and illustrative representations of objects we know in their analogue version, reproduced modes of interaction, etc.
Emojis are icons representing emotions, situations or objects, used in digital communications. Because of their wide use, these illustrations also seem to affect non-digital spaces by becoming referential in our mental representations. What would our interactions look like in a world where emojis become the norm?

In the “Apple Pie” video, all the objects used are embodied emojis – in this case those developed by the company Apple. The “pie”-making tutorial allow one to imagine the interactions that these objects – or the absence of some – induce. The manipulation of the materials is understood as a dissection of the digital representations that inhabit our screens, in an attempt to understand what is hidden behind them.

This beta version was selected in the series "Snack or Foodpill" of the One Minute Foundation (Amsterdam, Nl), in February 2022. It was screened in this context at W139 (Amsterdam, Nl), Het Nieuwe Insituut (Rotterdam, Nl) and during the 68th International Short Film Festival Oberhausen (De).
Sur les écrans qui nous entourent, les skeuomorphes sont omniprésents : noms et représentations illustratives d’objets que nous connaissons dans leur version analogique, modes d’interaction reproduits, etc.
Les emojis sont des icônes représentant des émotions, situations ou objets, utilisés dans le cadre de communications numériques. En raison de leur importante utilisation, ces illustrations semblent aussi affecter les espaces non-numériques en devenant des référentiels dans nos représentations mentales. À quoi ressembleraient nos interactions dans un univers où les emojis deviennent la norme ?

Dans la vidéo « Apple Pie », tous les objets utilisés sont des emojis incarnés – en l’occurrence ceux développés par l’entreprise Apple. Le tutoriel de la fabrication d’une tarte (« pie ») permet d’imaginer les interactions que ces objets – ou l’absence de certains – induisent. La manipulation des matières s’appréhende comme une dissection des représentations numériques qui habitent nos écrans, dans une tentative de comprendre ce qui s’y cache derrière.

Cette version bêta a été sélectionnée dans la série "Snack or Foodpill” de la One Minute Foundation (Amsterdam, Nl), en Février 2022. Elle a été diffusée dans ce contexte à W139 (Amsterdam, Nl), Het Nieuwe Insituut (Rotterdam, Nl) et pendant le 68ème Festival international du court-métrage d’Oberhausen (De).
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Éloïse Alliguié is an artist & graphic designer based in Amsterdam (NL). While using digital devices – computers, phones – she faced their so-called intangibility. From that experience she tries to grasp their functioning and more ambitiously their essence, through different inputs: studying interfaces and more recently skeuomorphism, performing as a computer. Éloïse likes to spend time with her subjects by manipulating digital as much as non-digital materials, as a means of grasping them. She indeed feels the desire to understand the design and behavior of our machines’ hard and software to question our naive familiarity towards them. Through performative videos, sculptures, websites, she speculates about influences of onscreen objects and practices onto offscreen objects, bodies and processes.

Website designed & coded by Éloïse Alliguié.
Typeface in use is OCR PBI by Lise Brosseau & Antoine Gelgon.

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Éloïse Alliguié | alliguieloise@protonmail.com
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